Parc national de la Réunion
-A +A
Share
Le 24/11/2022

L'île de La Réunion est un Hotspot de biodiversité. Au niveau régional, la survie des écosystèmes des Mascareignes dépend en grande partie d'une conservation adéquate à La Réunion.

Les îles sont particulièrement impactées par les invasions des espèces exotiques envahissantes (EEE), des invasions qui concernent l'ensemble du territoire. Parmi les espèces présentes à La Réunion et faisant parties des "100 espèces exotiques envahissantes parmis les plus néfastes au monde", on retrouve notamment: l'Acacia noir, le Galabert et l'Ajonc d'Europe.

La problématique des EEE est une problématique ancienne, qui est notamment un élément de la création du Parc national. L'alerte orange de l'UNESCO en 2017 fut un déclencheur, malgré les efforts mis en œuvre en amont par les acteurs du territoire.

 

En janvier 2018 et sous l'impulsion du Département, un groupe de travail piloté par le Parc national et le CIRAD, fut mis en place sur la connaissance et la gestion des espèces exotiques envahissantes qui regroupe l’ensemble des acteurs. Un premier outil fut produit, fruit d'un travail collectif afin de prioriser la lutte contre les EEE :

Depuis, les équipes du Parc et du CIRAD travaillent ensemble sur :

 

          1. L'amélioration du diagnostic d'état

Établir un état des lieux des sites prioritaires : les sites pilotes identifiés sont le Massif de la Plaine des Fougères et le Massif du Grand Bénare

Développer des relevés standardisés et des outils numériques sur téléphone portable avec rentrée automatique des données

Déployer le protocole pour cartographier le degré d'invasion,

  • Bon Accueil, les Makes : 108 ha, 20 jours Homme
  • Plaine des Fougères: 870 ha, 125 jours Homme, 629km parcourus
  • Grand Bénare en cours avec plus de 1000 ha inventoriés.

Détecter les nouvelles invasions et cartographier les espèces envahissantes

 

          2. Dynamique des invasions et scénarios d'intervention

Prédire la propagation des espèces exotiques envahissantes : des travaux sont en cours au travers d'une these de doctorat au CIRAD, financée par le Parc national et l'Agence Francaise du Developpement, afin d'estimer la propagation d'une vingtaine d'EEE.

Anticiper les bénéfices et optimiser les programmes de restauration : il s'agit ici de développer un outil d’analyse de différents scénarii de restauration ainsi que de mesurer dans le temps l’efficacité de ces scenarii.

 

          3. Priorisation et programme d'intervention

L'objectif est d'identifier les moyens nécessaires (financiers, techniques et opérationnels) pour garantir un bon état de conservation des sites prioritaires.

Les outils de diagnostic et de priorisation développés sont déjà utilisés par les gestionnaires et décideurs à La Réunion, tels que le Département, le Parc national, l'ONF et le CBNM.

 

          4. Des métiers variés, complémentaires et déjà en tension

Il est important de pérenniser cette démarche notamment en terme d'emploi. C'est une filière créatrice d'emploi à différents niveaux, que ce soit en production de végétaux (chef de culture, pépiniériste...), recherche, programmation, conception / ingénierie (ingénieurs, concepteurs paysagistes), lutte / restauration (chef de chantier, ouvriers des espaces naturels, conducteurs d'engins), ou encore en suivi évaluation notamment.

Ces métiers sont déjà en tension puisque 66% de structures interrogées sur le territoire témoignent de difficultés de recrutement. Plus de 700 emplois étaient à pourvoir dans la filière en 2021.

L’installation de l’Antenne Sud du Parc national au sein de l’Agro-Campus, le « Pole3P » Plate-forme de Protection des Plantes, du CIRAD de Saint-Pierre, marque également le partenariat entre nos deux institutions.

Le Parc national de La Réunion a en effet finalisé la rénovation bioclimatique de l’ancienne maison de la forêt qui accueille désormais l’équipe Sud du Parc grâce au financement du Plan "France relance" de l’Etat DG FIP, pour la rénovation des bâtiments de l’État, complété par le Ministère de la transition écologique.