Parc national de la Réunion
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La planèze des Eaux vives : l’eau des volcans, l’eau du vivant

Trou de fer et cirque de Salazie et piton d'Anchain en arrière-plan
Trou de fer et cirque de Salazie et piton d'Anchain en arrière-plan - © Hervé Douris

Avec son sommet qui culmine à plus de 3 000 m, le massif du Piton des Neiges, se dresse dans l'immensité marine, comme un mur face aux vents. Son versant oriental capte ainsi l'humidité océane et s'enveloppe quasi quotidiennement de nuages. Les précipitations abondantes imprègnent son flanc Est et atteignent dans cette région, des records mondiaux. L'eau, omniprésente, donne le ton aux ambiances naturelles.

Si les crêtes dressées au dessus des nuages restent dénudées, à leur pied, les plateaux de Bébour et Bélouve se voient couverts d'un épais manteau forestier que sa luxuriance végétale rend quasi impénétrable. Les forêts y jouent un rôle d'éponge comme le laisse deviner l'exubérance des mousses et des épiphytes, plantes typiques de cet écrin de biodiversité. L'eau infiltrée réapparaît plus en aval sur la planèze et dans le cirque dans une mise en scène paysagère remarquable, animée autour de grandes rivières, de multiples cascades, de mares et étangs.

Ce territoire verdoyant a vu les Hommes délaisser les mi-pentes et hauts plateaux, inadaptés aux cultures car trop imbibés d'eau. Ce choix raisonné a permis à ce cœur naturel de l'île de jouer son rôle de château d'eau, mis à profit pour alimenter des usines sucrières, des centrales hydroélectriques et plus récemment, les terres desséchées de l'Ouest de l'île.

Dans le cirque de Salazie, l'eau résurgente a, dans un temps passé, alimenté un thermalisme très actif. Si elle y organise avec harmonie le paysage rural, elle reste pour ses habitants, l'élément redouté tant l'érosion qu'elle génère peut s'avérer destructrice.