Les paysages de La Réunion sont nés d’une conjugaison d’éléments :
L’activité de deux volcans ;
Une forte érosion et un développement végétal dans un climat chaud et humide ;
Des variations climatiques selon l’étagement altitudinal, la position sur les côtes au vent et sous le vent et donc une variété de milieux naturels ;
Plus récemment les interventions de l’homme.
Ces conditions ont créé des paysages uniques au monde, contrastés, surprenants, toujours en mouvement, qui marquent et fascinent les Réunionnais et les visiteurs :
Une diversité d’ambiances, allant des paysages tropicaux aux plaines d’élevage de montagne, des hauts sommets aux cirques, et des espaces minéraux aux forêts luxuriantes.
Une évolution constante du fait d’éléments naturels (volcanisme, colonisation végétale, etc.) et de la pression humaine (urbanisation, défrichements, etc)
L’INSCRIPTION AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’HUMANITÉ PAR L’UNESCO DES PAYSAGES (CRITÈRE VII)
Ce patrimoine exceptionnel a fait l’objet d’une reconnaissance internationale : l’UNESCO à inscrit en 2010 les « Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion » sur la liste du patrimoine mondial au titre notamment du critère VII « représenter des phénomènes naturels ou des aires d'une beauté naturelle et d'une importance esthétique exceptionnelles » (ils sont aussi inscrits au titre du critère X concernant sa biodiversité exceptionnelle : « contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation »)
PRÉSERVER LA DIVERSITÉ DES PAYSAGES ET ACCOMPAGNER LEURS ÉVOLUTIONS
L’action spectaculaire des éléments naturels, formidable combinaison du volcanisme actif et des agents climatiques, a façonné des paysages remarquables et uniques unanimement reconnus. Cette notoriété entraîne des promesses de développement mais cette valorisation devra néanmoins être mesurée et évaluée au regard de la fragilité de ces paysages. Dans les lieux accessibles, l’activité humaine a modelé cet écrin, engendrant une diversité de paysages ruraux et bâtis.
Il importe ainsi de conserver et parfois restaurer l’intégrité de l’ensemble de ces paysages et d’accompagner les dynamiques de développement pour éviter leur banalisation, et garantir le maintien et l’expression d’une exceptionnelle qualité de vie et d’une attractivité indéniable pour le tourisme. Car la géographie et l’étroitesse du territoire permettent à La Réunion d’embrasser du regard des paysages du littoral aux sommets, et de comprendre la solidarité qui lie les Hauts et les Bas, le cœur et l’aire d’adhésion.
La préservation des paysages à leurs différentes échelles est en effet transverse à la protection des différents patrimoines, naturels, historiques, culturels et à leur conciliation avec les enjeux de développement humains et économiques, en particulier dans les hauts de l’île. En ce sens, le paysage est un véritable outil d’aménagement et de réflexion au service de l’intérêt général et de la préservation d’un cadre de vie collectif et durable.
LE PAYSAGE DANS L’AIRE D’ADHÉSION
Les paysages de l’aire d’adhésion assurent la transition entre les paysages urbains des Bas et les paysages naturels remarquables du cœur de parc, inscrits au Patrimoine mondial. Il existe donc une forme de « solidarité écologique » entre ces différents espaces, qui implique une mobilisation collective pour les préserver, en améliorer la qualité et maîtriser les menaces liées à l’activité humaine.
L’inscription sur la liste du Patrimoine mondial au titre du critère VII appelle à veiller à l’intégrité visuelle du bien, donc à porter une attention particulière à l’impact paysager des projets, y compris lorsqu’ils prennent place en aire d’adhésion ou dans la zone tampon du bien.
La charte du Parc national, plan de gestion du bien définit des objectifs (en cœur de parc) et des orientations (en aire d’adhésion) afin de répondre à ces enjeux.
L’objectif et la responsabilité de l’établissement du Parc national de la Réunion vis-à-vis des paysages se traduisent par plusieurs mesures et orientations :
Préserver la diversité des paysages
o Les grands ensembles paysagers
o La diversité des paysages ruraux et bâtis
o Maîtriser les risques d’incendie de forêts
o Lutter contre la propagation des espèces exotiques envahissantes
Accompagner les dynamiques de développement pour limiter la banalisation
o Lutter contre la diminution et le mitage des terres agricoles
o Prévenir le fractionnement des espaces naturels
o Contrôler l’étalement urbain
o Limiter l’urbanisation des espèces exotiques envahissantes dans les projets d’aménagements et d’infrastructures
o Maîtriser la publicité
Ces orientations se traduisent par plusieurs actions, en particulier :