La Réunion abrite deux espèces de pétrels endémiques : le Pétrel de Barau et le Pétrel noir de Bourbon. Ces oiseaux marins passent la majeure partie de leur vie en mer et ne rejoignent les hauts de l’île qu’au moment de la reproduction.
Le pétrel de Barau niche entre 2 200 et 2 900 mètres d’altitude et se reproduit entre novembre et avril. Le pétrel noir de Bourbon niche quant à lui entre 800 et 1 600 mètres d’altitude, avec une période de reproduction comprise entre octobre et avril.
Les deux espèces nichent dans des terriers creusés dans la terre, sous les racines, les rochers ou directement dans l’humus. Pendant cette période, les adultes effectuent de nombreux déplacements entre la mer et les sites de reproduction, rendant les colonies particulièrement sensibles à la prédation.
Réduire la pression de prédation sur les colonies
Les chats, aux côtés des rats, constituent l’un des principaux prédateurs des pétrels endémiques de La Réunion.
En effet, un seul chat peut prédater plus de 90 pétrels par an (étude de Fauquier, 2009).
Or, les équipes du Parc national observent des chats errants (chats harets) jusque dans les secteurs les plus escarpés, y compris à proximité des colonies situées en altitude.
La prolifération des chats errants est favorisée par la non-stérilisation et la divagation des chats domestiques. À La Réunion, les conditions climatiques permettent plusieurs portées par an. Une partie de ces populations peut ensuite se déplacer des zones urbaines et périurbaines vers les milieux naturels. En quelques générations, certains individus adoptent un comportement entièrement sauvage : ils sont alors qualifiés de chats harets.
Les opérations de stérilisation visent ainsi à limiter les populations sources de chats errants et à réduire leur dispersion vers les habitats naturels sensibles.
Des campagnes menées sur plusieurs secteurs de l’île
Une première campagne de stérilisation a été menée afin de contribuer à la protection des colonies de pétrel de Barau présentes dans le secteur du Grand Bénare.
Une seconde campagne a ensuite été déployée dans les secteurs de Grand Bassin et de Rivière des Remparts, afin de limiter les risques de prédation sur les colonies de pétrel noir de Bourbon.
Ces opérations s’inscrivent dans les actions mises en œuvre pour préserver les espèces endémiques et les milieux naturels de l’île.
Au total, plus de 350 chats ont été stérilisés entre les Hauts de l’Ouest et les secteurs de Saint-Joseph, Le Tampon et Entre-Deux.
Le Parc national de La Réunion remercie et félicite l’association REVEZ ainsi que les cliniques vétérinaires partenaires pour leur engagement et la qualité du travail mené
Un enjeu environnemental et sanitaire
La maîtrise des populations de chats errants répond également à des enjeux sanitaires et de bien-être animal. Les chats errants sont régulièrement exposés aux accidents routiers, aux maladies et aux conditions de vie difficiles liées à l’absence de suivi vétérinaire.
Leur présence peut également engendrer des nuisances dans les zones habitées, notamment des dégradations de poubelles ou des prédations sur les élevages domestiques.
Les campagnes de stérilisation contribuent ainsi à une gestion plus durable des populations de chats, tout en participant à la préservation de la biodiversité réunionnaise.
© : Parc national de La Réunion