Parc national de la Réunion
-A +A
Share
Le 20/09/2017

Le Parc national de La Réunion, en partenariat avec l'Office National des Forêts (ONF), l'association "Chasse et pêche 974", la Fédération Départementale des Chasseurs, la SREPEN Réunion Nature Environnement, l'Association pour la Valorisation de l'Entre deux Monde (AVE2M), et la Communauté Intercommunale de l'Est (Cirest), a organisé au cours du mois de septembre 2017 une grande opération de nettoyage et de démontage de camps de braconniers dans la forêt de Bébour, à la Plaine-des-Palmistes, et dans les Hauts de Cambour à St Benoît.

Ce sont 19 camps de braconniers abandonnés, ou toujours utilisés, qui ont été évacués. Cela représente plusieurs dizaines de m3 de déchets triés et déposés en déchetterie.

Bouteilles de gaz, piles, marmites, bâches en plastique, … Ces déchets volumineux, et pour certains dangereux, croupissent en forêt de Bébour et Cambour sur les camps de braconniers, depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

Les opérations de 2015 et 2016 avaient permis d'évacuer 9 camps proches du Piton Partage sur le massif du volcan, et à Bébour sur les sites de Bras-Patience, Ravine Misère ou encore Bras-Chansons.

Cette année, l'opération prend de l'ampleur, notamment grâce à une forte implication de bénévoles des associations : 19 camps ont ainsi été nettoyés et évacués grâce à leur concours.

Ces camps sont utilisés par les braconniers qui prélèvent illégalement des tangues, différentes espèces aquatiques mais aussi des espèces végétales. Le braconnage constitue un délit et représente un véritable danger pour la préservation de la forêt de Bois de couleur.

Certaines espèces prélevées n'existent qu'à La Réunion et sont aujourd'hui gravement menacées. C'est notamment le cas du Palmiste blanc et du Palmiste rouge.

En outre, afin de se frayer un chemin dans la végétation et construire leurs abris, les braconniers coupent directement les arbres indigènes et endémiques. Le foyer de lumière qui se crée favorise alors la prolifération des espèces exotiques envahissantes, comme la Jouvence ou le Raison marron, qui concurrencent les espèces endémiques et indigènes.

Les camps de braconniers sont également une source de pollution chimique et bactériologique. Les tangues sont généralement éviscérés sur place et nettoyés dans les cours d'eau avoisinants.

Les déchets dangereux (bouteilles de gaz, piles) sont laissés à proximité de ces cours d'eau qui alimentent les réseaux d'eau potable des villages en aval.

Les déchets accumulés favorisent également la prolifération des rats. Vecteurs de la leptospirose, ils menacent autant les randonneurs que les oiseaux indigènes.

Le Parc national de La Réunion coordonne chaque année de grandes opérations de nettoyage des camps de braconniers. Il mobilise à ses côtés les partenaires engagés dans la préservation des milieux naturels et de la biodiversité réunionnaise : Office National des Forêts, communes, communautés de communes, associations.

Les camps de braconniers ainsi démontés et évacués n'ont pas été reconstruits, les arbres repoussent sur les zones nettoyées : la forêt reprend ses droits, et des dizaines de sites antérieurement pollués, notamment en bordure de ravines, sont désormais propres.
Pour autant, le travail n'est pas terminé : plus d'une centaine de camps de braconniers subsistent encore en forêt.

Le Parc national de La Réunion invite chacun à lutter contre ces pratiques destructrices et dangereuses en refusant d'acquérir les produits issus du braconnage.

" Aide a nou protèz nout péi La Rényon, aide a nou protèz nout patrimoine ! "

Camp de braconniers en forêt de Bébour
Camp de braconniers en forêt de Bébour