Parc national de la Réunion
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Le Cirque de Mafate, voyage en terre de volcan

Aurère, cirque de Mafate © Stephan Szymandera
Aurère, cirque de Mafate © Stephan Szymandera
II est un endroit sur l'île que l'on peine à imaginer, sauf à se laisser surprendre au détour des crêtes de hautes altitudes par une vue plongeante vers une immense et spectaculaire dépression chaotique : le cirque de Mafate.
 

A l’instar des cirques de Salazie et Cilaos, il est ceinturé de remparts vertigineux qui signent une originalité géologique unique au monde, issue du délabrement érosif d'un volcan essoufflé, le Piton des Neiges. Ici, le paysage déchiqueté s'organise autour de hautes cloisons basaltiques et de vallées profondes. Il semble préserver par miracle quelques replats, dont on perçoit assez vite le caractère éphémère, tant l’instabilité des sols est en tout lieu menaçante. Cette terre de vieux volcan, violente dans ses traits, n'en est pas moins une terre de nature où la vie s'est accrochée pour former des milieux contrastés : les parois rocheuses et versants instables, peu végétalisés, font face à des remparts verdoyants et humides. Entre ces faciès opposés, le cirque illustre la diversité écologique par la présence d'une forêt de tamarin et de quelques lambeaux de forêts de montagne. Ce monde fermé n'a de lien naturel avec le littoral que par un torrent, la Rivière des Galets, unique exutoire du cirque, qui se libère des flancs du volcan par une gorge aux parois vertigineuses.

Le relief tourmenté a favorisé autrefois la fuite d'esclaves épris de liberté qui sont venus s'y réfugier, devenant malgré eux les premiers occupants de ces terres ingrates. Ici, plus encore qu'ailleurs sur l'île, leur histoire a fortement façonné la mémoire des lieux. A défaut de vestiges, la transmission orale et la toponymie parle pour eux. Par la suite, les hommes partis par nécessité de vie à la conquête de territoires nouveaux ont progressivement découvert le cirque et s’y sont implantés, malgré les difficultés des lieux. Les îlets, seuls espaces d'ancrage possible, sont ainsi devenus des lieux d'accueil pour une vie de grande modestie, en autarcie autour d’une petite agriculture de subsistance.

Une communauté de 700 personnes fortement attachée à la terre du cirque y vit encore aujourd’hui. En dépit des évolutions apportées par la vie moderne, Mafate reste un monde en soi où les Hommes ont tissé des liens étroits avec la Nature, révélateurs d'un équilibre possible et original entre tradition et modernité.

Case et bananiers à Aurère, cirque de Mafate © Stephan Szymandera
L'escalier vers l'oratoire du Col des Boeufs, cirque de Mafate © Stephan Szymandera
Grand place, cirque de Mafate © Stephan Szymandera